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Alex Corretja « Ce qui est arrivé à Guga me fait de la peine mais ça aurait pu arriver à n’im­porte qui »

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Alex, aujourd’hui tu entraines Andy Murray qui a eu pas mal de bles­sures au début de sa carrière, est‐ce que ça traduit la période actuelle du tennis ou un mal plus profond ?

Non, si tu pratiques un sport pour vivre, si tu veux travailler dur pendant des heures et emmener ton corps à l’ex­trême, c’est normal que tu l’uses. Il n’y a pas à porter le blâme sur cela.

Mais pour toi il n’y a pas un peu plus de bles­sures aujourd’hui ?

Oui, mais c’est parce que les joueurs jouent beau­coup de tour­nois, voyagent beau­coup, et les matches sont très durs pour tout le monde. Mais écoute, si tu joues au tennis parce que tu le veux et que personne ne te force, et si tu veux être un élève qui fait bien ses devoirs et que tu n’es­sayes pas de donner toujours le meilleur de toi pour avancer, tu ne pourra pas aller au bout de tes rêves.

Est‐ce que les courts en dur sont plus dange­reux que la terre battue ?

Sur terre battue, tu dois plus souf­frir, tu dois être en meilleure condi­tion physique et avoir une meilleure endu­rance, mais la surface est plus douce donc tu ne souffres pas des genoux ou de la cheville. Sur courts en dur, parfois c’est vrai que tu peux te faire une entorse à la cheville mais ça fait partie du jeu. Les courts en dur existent depuis des millions d’an­nées (sic!), et je n’ai vu personne dire « On ne joue plus dessus parce que quel­qu’un a été blessé ».

Mais le spec­tacle de Rafael Nadal en train de souf­frir le martyr à l’US Open 2007 n’est pas très agréable.

Même Federer était gêné. Or c’était à l’US Open, pas à Roland‐Garros. Oui mais dans courts en dur il y a dur. Dur, ça veut dire que c’est dur.

Et terre battue, que c’est doux.

Exactement. Et quand tu joues sur dur, tu sais que ton corps va souf­frir un peu plus et qu’il va falloir que tu sois prêt avant de rentrer sur le terrain. Si tu n’es pas prêt, tu ne mérites pas de jouer ce genre de tournois.

Mais on assiste aux adieux de Gustavo Kuerten qui est obligé d’ar­rêter sa carrière à cause de bles­sures alors qu’il est numéro 1 mondial

Oui, ça me fait vrai­ment de la peine et c’est vrai­ment dommage pour le tennis que Gustavo ait été obligé d’écourter sa carrière, mais tout ça aurait pu arriver à n’im­porte qui.